la Biennale des arts de Marrakech Posté le 23 août 2010 à 13:33:46 WET
Sujet: Arts
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 Entretien avec Abderrazzak Benchaâbane, Directeur de la biennale des arts de Marrakech «Nous avons besoin de plus d'évènements artistiques» Prévu du 16 au 19 décembre, la Biennale des arts de Marrakech se veut une véritable fête de l'art contemporain marocain. Expositions, ateliers, rencontres et visites guidées sont au programme de cette deuxième édition du Salon d'hiver de Marrakech. Son directeur, Abderrazzak Benchaâbane, nous parle de ses objectifs et de ses caractéristiques.
C'est la deuxième Biennale de Marrakech, qu'est-ce que cela vous fait ?
Abderrazzak Benchaâbane : Notre motivation est d'ordre citoyen, celle de participer à doter la ville de Marrakech d'un rendez-vous artistique de qualité et qui célèbre l'art et les artistes contemporains. L'objectif de la biennale de Marrakech est la promotion de l'art contemporain au Maroc. C'est l'occasion de donner la possibilité à un large public de découvrir le travail des artistes de chez nous et d'ailleurs en matière de peinture, sculpture, vidéo, photographie et installations.
Cette année, votre Biennale se tient quelques semaines après le Marrakech Art Fair, est-ce qu'il y a de la place pour tout le monde et qu'est-ce que vous pensez de cette concurrence ?
Je ne pense pas à une concurrence. Je pense plutôt qu'il pourrait s'agir d'une complémentarité. Ce sont des démarches différentes et qui s'dressent parfois aussi à des publics différents. Il faut un tout pour faire un monde. Alors ce nouvel événement sur les arts contemporains est bienvenu à Marrakech, j'espère qu'il contribuera à la promotion de l'art contemporain à Marrakech et participera à faire de cette ville la première destination d'Art contemporain au royaume. En tous les cas, une chose est sûre, la première édition de la biennale à Marrakech en a inspiré les organisateurs de la FIAC (Foire internationale des arts contemporains) à Casablanca et Art Fair à Marrakech. La promotion culturelle au Maroc sera, d'ailleurs, plurielle ou ne sera pas. Il est évident que nous avons grand besoin des efforts et du savoir faire des uns et des autres.
Selon vous, comment se porte l'art contemporain au Maroc, notamment quand on voit le florilège d'évènements qui lui sont dédiés ?
Il y a certainement ces dernières années un regain d'intérêt pour l'art au Maroc et en particulier pour la peinture. A en juger par le nombre de galeries nouvellement ouvertes et la qualité des expositions qui y sont présentées, on pourrait penser que ce secteur se porte bien. Mais il ne faut pas s'arrêter à ce constat, il faut continuer à promouvoir l'art dans les écoles et faire connaître davantage le travail des artistes marocains car tous n'accèdent pas toujours aux galeries et leurs créations restent méconnues du public. Par ailleurs, tout le monde ne va pas aux expositions dans les galeries. Les visiteurs des galeries sont essentiellement des connaisseurs, des collectionneurs, des artistes et quelques intellectuels. Les salons, les foires et les biennales attirent naturellement plus de public et permettent pour l'art contemporain plus d'ouverture. Nous avons besoin encore au Maroc de plus d'événements, particulièrement dans des villes loin de Rabat, Casablanca ou Marrakech où il n'y a pas de galerie et donc moins d'occasions de découvrir le travail des artistes.
Quel rôle joue votre manifestation dans la promotion des nouvelles expressions artistiques comme la photographie, la vidéo et les installations ?
La photographie, la vidéo et les installations sont rarement montrées au Maroc. Je trouve cela très dommage car toute une jeunesse qui s'exprime par ces moyens est mise à l'écart. Alors, nous essayons de leur donner une place dans la biennale de Marrakech. Nous avons des artistes au Maroc qui sont d'un très bon niveau. Ils sont souvent sollicités à l'étranger mais leur travail et démarches artistiques restent inconnus au Maroc. Aussi, nous nous attelerons à montrer le travail de certains d'entre eux. Partout dans le monde, les modes d'expression changent, évoluent et deviennent innovants par leur technique et approche artistique, le Maroc est aussi en droit de suivre ce mouvement et valoriser les artistes qui ont choisi de s'exprimer par d'autres moyens.
La programmation de la Biennale prévoit des visites guidées au profit de groupes scolaires. Quel en est l'objectif ?
Nous avons l'habitude de travailler avec les enfants dans le cadre de Jardin'Art, le festival de l'art des jardins à Marrakech où les enfants sont invités à créer des jardins scolaires éphémères. L'enfant nous semble être un public potentiel qui est attentif aux créations contemporaines et capable d'établir un dialogue sincère et profond avec les artistes. L'enfant n'est jamais indifférent face à une création contemporaine, il peut pousser d'ailleurs sa curiosité très loin. L'objectif de ces visites est donc de permettre cette rencontre entre le milieu scolaire et l'art contemporain, c'est à l'école que se forment aujourd'hui les artistes et les décideurs de demain.
Comment votre Biennale continue-t-elle ses activités tout au long de l'année? Et Comment comptez-vous la pérenniser ?
Nous comptons pérenniser cet intérêt pour l'art contemporain à Marrakech toute l'année et ne pas se contenter d'un événement éphémère. Nous pensons avec d'autres partenaires à organiser des expositions périodiques, des rencontres artistiques ainsi que des stages et des formations sur l'art contemporain. Nous avons l'intention de développer ces projets à partir de 2011.
Ca faille encore
L'art contemporain se porte bien au Maroc. Le nombre des galeries se multiplie, les artistes y exposant également et on voit de plus en plus d'évènements entièrement dédié à ce genre. Cependant, il reste encore beaucoup de travail à faire et d'efforts à déployer. Benchaâbane nous explique « Ce n'est pas normal que le Maroc ne dispose pas, après plus de 50 années d'indépendance, d'un véritable musée national d'art contemporain. A l'échelle régionale, nous manquons de centres d'art contemporain et de musées régionaux. Il n'est pas normal que pour un pays de 32 millions d'habitants, on ne dispose que de deux écoles des beaux arts. Heureusement que nous disposons depuis peu, grâce à des initiatives privées, de deux magazines d'art. Grâce à ces deux publications périodiques, une certaine médiation sur l'art contemporain est entrain de se mettre en place. » A bon entendeur !
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